Les ventes par Nvidia de ses puces IA hautes performances H200 à la Chine sont au point mort près de deux mois après que le président Donald Trump a annoncé l’autorisation d’exportation dans des conditions de sécurité nationale américaine. Trump a fait cette annonce dans un article de Truth Social début décembre 2025, informant le président chinois Xi Jinping que Nvidia pourrait expédier des puces à des clients agréés en Chine tout en préservant une forte sécurité nationale.
Le Bureau de l’industrie et de la sécurité du département américain du Commerce a publié des règles formelles d’exportation à la mi-janvier 2026. Ces règles ont fait passer l’examen des licences d’une présomption de refus à un processus au cas par cas. Les exigences comprennent des tests de puces par des tiers aux États-Unis avant expédition, un droit de douane de 25 % sur les exportations, la certification d’un approvisionnement national adéquat en puces et des interdictions d’utilisation militaire. La Chine ne peut pas recevoir plus de la moitié du total des puces vendues aux clients américains.
Malgré le nouveau cadre, le processus d’octroi de licences reste incomplet. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a déclaré fin janvier que la partie américaine était en voie d’achèvement, mais que la société attendait toujours le consentement formel de Pékin avant de pouvoir procéder aux expéditions. Les clients chinois se sont abstenus de passer des commandes de H200 jusqu’à ce qu’ils aient obtenu des éclaircissements sur les licences d’exportation et les conditions qui y sont attachées.
À la mi-janvier, les douanes chinoises ont bloqué les premières expéditions de H200 arrivant à Hong Kong. Cette décision a surpris Nvidia et a incité les fournisseurs de composants à arrêter leur production. Nvidia s’attendait à plus d’un million de commandes de clients chinois, les fournisseurs préparant les expéditions dès mars.
Pékin a accordé des approbations conditionnelles à de grandes entreprises technologiques, notamment ByteDance, Alibaba, Tencent et la startup d’IA DeepSeek, pour acheter collectivement plus de 400 000 puces H200. Ces conditions sont toujours examinées par la Commission nationale chinoise du développement et de la réforme. Cette hésitation reflète les efforts de la Chine pour équilibrer les besoins immédiats en informatique de l’IA avec le soutien des fabricants de puces nationaux comme Huawei.
Le H200 offre environ six fois les performances de la puce H20 de Nvidia, réservée à la Chine, ce qui le rend essentiel pour les développeurs chinois d’IA. Huang a indiqué que les ventes annuelles à la Chine pourraient atteindre 50 milliards de dollars.
Pour répondre à l’incertitude réglementaire, Nvidia exige désormais un paiement initial complet des clients chinois, sans remboursement ni annulation. Cela déplace le risque financier vers les acheteurs. L’année dernière, Nvidia a absorbé une dépréciation de stocks de 5,5 milliards de dollars après que l’administration Trump a brusquement interdit la vente de sa puce H20.
Les gouvernements américain et chinois conservent le pouvoir d’approbation, et aucune sanction finale n’existe pour l’accord H200. Nvidia et ses clients chinois restent dans un suspense prolongé au milieu des tensions persistantes concernant la technologie avancée des semi-conducteurs pour le développement de l’IA, comme le rapporte le Financial Times.








